PHRONESIS

Proposition de loi ordinaire

Protéger la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs

Chronologie

  1. 1ère lecture (1ère assemblée saisie)

  2. 28 octobre 2025

    1er dépôt d'une initiative.

  3. Travaux des commissions

  4. Travaux de la commission saisie au fond

  5. 28 octobre 2025

    Renvoi en commission au fond

  6. 18 novembre 2025

    Nomination de rapporteur

  7. 3 décembre 2025

    Réunion de commission

  8. 3 décembre 2025

    Réunion de commission

  9. 3 décembre 2025

    Dépôt de rapport

  10. Discussion en séance publique

  11. 4 juin 2026

    Discussion en séance publique

  12. 4 juin 2026

    Décision adoptée

  13. 1ère lecture (2ème assemblée saisie)

  14. 4 juin 2026

    Dépôt d'une initiative en navette

  15. Travaux des commissions

  16. Travaux de la commission saisie au fond

  17. 4 juin 2026

    Renvoi en commission au fond

Scrutins liés

Amendements

96 amendement(s).

  • 43·APRÈS L'ARTICLE 3 BISRejeté

    Ce sous-amendement propose de porter plutôt de 17 à 24 jours par an le nombre de jours de remplacement ouvrant droit au crédit d'impôt pour les agriculteurs et agricultrices en difficulté, soit l'équivalent de 2 jours par mois.

  • 42·ARTICLE 3 BISSous-amendement (98)
  • 44·ARTICLE 3 BISSous-amendement (98)
  • 45·APRÈS L'ARTICLE 3 BISDoublon
  • 40·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant:Charge
  • 34·AVANT L'ARTICLE PREMIER, insérer l'article suivant:Retiré après publication

    Le présent amendement vise à poser les premières bases d'une réponse urgente à la crise agricole que traverse notre pays. Le monde agricole français connait effectivement une crise profonde et structurelle qui ne doit pas être abordée que sous l'unique prisme de la santé ou du mal-être. Dans mon département des Vosges en 2020, on dénombrait 2100 exploitations agricoles, en baisse de 33% par rapport à 2010. En nombre d'exploitations, c'est l'élevage, notamment porcin et avicole qui subit les plus fortes diminutions. On constate également un vieillissement de la population agricole : Plus d'un chef exploitant sur cinq a au moins 60 ans. Il est donc urgent de préparer l'avenir et prévenir la crise des vocations : il est urgent de simplifier plus encore le métier d'agriculteur pour les générations futures. De plus, pendant des décennies, l'agriculture française a été méprisée et reléguée au rang de sous-métier par les élites parisiennes. Or, les agriculteurs ne comptent pas leurs heures de travail. Ce sont notamment eux qui, en silence et dès l'aube, travaillent pour le pays sans jamais se plaindre. Sauf que, depuis quelques années, les charges et les normes toutes plus ubuesques les unes que les autres, leurs tombent dessus et les agriculteurs ont donc arrêté de se taire.

  • 20·ARTICLE 2Retiré après publication

    Le présent amendement place le guichet départemental unique sous l'autorité du directeur général de l'agence régionale de santé. Le guichet départemental unique est chargé de coordonner la mise en œuvre de la stratégie de prévention du mal-être et du risque suicidaire dans le monde agricole à l'échelle du département.

  • 33·ARTICLE 3 TERRetiré après publication

    Le présent amendement vise à supprimer l'article 3 ter. La remise d'un énième rapport par le gouvernement, au parlement, sur l'efficacité d'une stratégie nationale constitue une charge de travail non négligeable pour les services ministériels, dont ils pourraient se passer. Il conviendrait plutôt de leur dégager du temps afin que ces derniers puissent se concentrer sur leur coeurs de métier, à savoir, s'agissant du ministère de l'agriculture, venir en soutien au monde agricole et en mettant en place les conditions permettant au modèle agricole français de conserver sa place dans le monde ainsi qu'à accroitre sa présence sur les marchés agricoles mondiaux.

  • 39·ARTICLE 2Rejeté

    L'amendement vise à mettre l'accent sur le traumatisme que représente souvent un abattage pour cause de crise sanitaire pour un agriculteur.

  • 18·ARTICLE 3Charge
  • 31·ARTICLE 2Adopté

    Cet amendement du groupe LFI vise à déléguer le pilotage du guichet départemental unique de santé mentale aux DDT(M) afin de garantir la neutralité du dispositif et donc une orientation vers des réponses adaptées. Dans son rapport sur le fonctionnement des chambres d'agriculture, la Cour des comptes a souligné la multitude d'irrégularités et de dysfonctionnements des chambres, que l'Etat ne contrôle pas suffisamment. Dans ce contexte, il est risqué, par exemple, de confier la mise en œuvre d'une politique aussi sensible aux chambres d'agriculture. Ainsi cet amendement vise à s'assurer que la coordination de ce dispositif soit mise en œuvre par une structure neutre. Cet amendement a été travaillé avec la Confédération Paysanne et Solidarité Paysans.

  • 24·ARTICLE 3 BISRejeté

    Cet amendement du groupe LFI vise à renforcer l'accès au service de remplacement pour les agriculteurs et agricultrices en situation de souffrance psychique. Il prévoit ainsi de porter à 100% le taux du crédit d'impôt au titre des dépenses engagées pour assurer un remplacement pour congé, pour les agriculteurs et agricultrices en situation de souffrance psychique. Le service de remplacement est un outil essentiel pour prévenir la souffrance psychique et le risque suicidaire en agriculture, il doit être encore renforcé.

  • 26·APRÈS L'ARTICLE 3 BIS, insérer l'article suivant:Rejeté

    Cet amendement du groupe LFI vise à renforcer l'accès au service de remplacement, notamment pour les agriculteurs et agricultrices en situation de souffrance psychique. Il prévoit ainsi d'une part de porter à 100% le taux du crédit d'impôt au titre des dépenses engagées pour assurer un remplacement pour congé en raison d'une maladie, dont les situations de souffrance psychique. Il prévoit d'autre part d'ouvrir jusqu'à 27 jours par an, contre 17 aujourd'hui, le bénéfice du crédit d'impôt au titre des dépenses engagées pour assurer un remplacement. Le service de remplacement est un outil essentiel pour prévenir la souffrance psychique et le risque suicidaire en agriculture, il doit être encore renforcé.

  • 37·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant:Charge
  • 35·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant:Retiré après publication

    Le présent amendement est un amendement d'appel qui vise à réaffirmer l'utilité de la loi Duplomb pour défendre le modèle agricole français et enrayer la crise structurelle que connaît le secteur, qui a fatalement un impact sur l'état d'esprit et la profession, entrainant morosité et mal-être. Face à la concurrence internationale déloyale et face aux accords de libre-échange en matière agricole qui sont négociés au niveau européen dans le dos des peuples, il apparaît impératif de réaffirmer les grands principes de la Loi Duplomb dans le présent texte. La loi Duplomb est indispensable à nos agriculteurs et je pense particulièrement aux normes qui ont pu être assouplies afin de leur redonner de l'oxygène. Dans mon département des Vosges, territoire éminemment agricole et d'élevage avec 219 500 hectares de surface utilisée (en 2020) et 240 700 Unités Gros Bétail en 2020, l'allègement des procédures ICPE élevage fait sens. Cette loi relève les seuils à partir desquels les élevages doivent obtenir une autorisation environnementale (ICPE). Par exemple, pour les volailles, le seuil passe de 40 000 à 85 000, et pour les porcs de 2 000 à 3 000 cochons. Moins de structures seront concernées par les autorisations, ce qui réduit significativement la charge administrative et les tracasseries. La Loi Duplomb permet aussi une simplification des enquêtes publiques, préférant des permanences en mairie pour une concertation locale plus efficiente : les démarches sont moins lourdes et les porteurs de projets agricoles, pour les bâtiments d'élevage par exemple, sont plus enclins à se développer. En 2022, on comptait 21 000 arrêts d'activité pour seulement 14 000 installations en France et un nombre d'exploitations agricoles en baisse de près de 40% sur la dernière décennie. Dans les Vosges en 2020, on dénombrait 2100 exploitations agricoles, en baisse de 33% par rapport à 2010. En nombre d'exploitations, c'est l'élevage, notamment porcin et avicole qui subit les plus fortes diminutions. On constate également un vieillissement de la population agricole : Plus d'un chef exploitant sur cinq a au moins 60 ans. Il est donc urgent de préparer l'avenir et prévenir la crise des vocations : il est urgent de simplifier plus encore le métier d'agriculteur pour les générations futures.

  • 29·ARTICLE 2Gage
  • 19·ARTICLE 2Charge
  • 21·ARTICLE 2Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • 30·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant:Adopté

    Cet amendement du groupe LFI prévoit la remise d'un rapport visant à évaluer les conflits d'intérêts qui peuvent exister entre les sentinelles et les agriculteurs et agricultrices. Il évalue notamment les problématiques liées au statut de « créancier » d'une sentinelle vis-à-vis des agriculteurs en difficulté, et formule des propositions visant à prévenir ces conflits d'intérêt. Les situations de conflit d'intérêts entre des sentinelles et des agriculteurs peuvent en effet être fréquentes et sources de tensions. Ces sentinelles sont en effet en grande partie des salariés ou administrateurs d'organismes créanciers des agriculteurs, ou ayant avec les agriculteurs des relations commerciales ou de contrôle. En cas de difficultés économiques, cette position n'est pas propice à instaurer une relation de confiance pour les agriculteurs.

  • 25·ARTICLE 3 BISAdopté

    Cet amendement du groupe LFI vise à renforcer l'accès au service de remplacement pour les agriculteurs et agricultrices en situation de souffrance psychique. Il prévoit ainsi, pour les agricultrices et agriculteurs en situation de souffrance psychique, la possibilité de bénéficier du crédit d'impôt au titre des dépenses engagées pour assurer un remplacement pour congé jusqu'à 27 jours par an, contre 17 jours tel que la loi le prévoit aujourd'hui. Le service de remplacement est un outil essentiel pour prévenir la souffrance psychique et le risque suicidaire en agriculture, il doit être encore renforcé.

  • 17·ARTICLE 2Charge
  • 27·ARTICLE 3Adopté

    Cet amendement du groupe LFI précise que la stratégie nationale de prévention du mal-être et du risque suicidaire dans le monde agricole, prévue à l'article 3, intègre un volet spécifique dédié aux départements et régions d'outre-mer, en tenant compte des effets conjoints du changement climatique, de l'insularité, de la dépendance économique et de la cherté de la vie sur la santé mentale des agricultrices et agriculteurs. Dans les départements et régions d'outre-mer, les agricultrices et agriculteurs subissent de plein fouet l'insularité, la dépendance aux importations, des coûts de production et de vie plus élevés, ainsi que les effets déjà bien visibles du changement climatique (cyclones, sécheresses, érosion des sols, dégradation des rendements). Ces facteurs aggravent les difficultés économiques et sociales et pèsent lourdement sur la santé mentale. La mention explicite des spécificités ultramarines dans la stratégie nationale évite que ces territoires soient relégués une fois de plus aux marges des politiques publiques, alors même que la détresse psychique y est nourrie par des facteurs structurels particulièrement violents.

  • 16·ARTICLE 2Non soutenu

    La détresse psychique des agricultrices et agriculteurs ne peut être combattue efficacement sans une mobilisation complète de l'ensemble des acteurs présents sur le terrain. Si la proposition de loi crée un guichet unique départemental pour mieux coordonner les réponses sociales et professionnelles, elle ne garantit pas encore l'intégration pleine et entière des acteurs du soin, alors même que les troubles psychiques relèvent de parcours sanitaires complexes et exigeant une coordination de tous les instants. Cet amendement vise donc à associer, de manière structurée, les équipes de psychiatrie de secteur, les centres médico-psychologiques et les établissements autorisés en psychiatrie, ainsi que les professionnels de santé de premier recours et les structures d'exercice coordonné dans l'ensemble des acteurs coordonnés par le guichet ainsi crée. Ces acteurs sont ceux qui, quotidiennement, assurent le repérage thérapeutique, la continuité des soins et l'accompagnement des situations les plus critiques. Leur absence de la gouvernance du guichet unique créerait un risque de cloisonnement préjudiciable pour les personnes en souffrance, et empêcherait de garantir l'articulation indispensable entre dispositifs sociaux, professionnels et sanitaires. Concrètement, il associe : les équipes de psychiatrie de secteur, responsables du suivi territorial et du repérage spécialisé ; les centres médico-psychologiques (CMP), qui assurent l'accueil ambulatoire et les premières évaluations psychiatriques ; les établissements publics ou privés autorisés en psychiatrie, garants des capacités d'hospitalisation et de prise en charge intensive ; les structures d'exercice coordonné (CPTS, maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé), qui constituent le premier recours sanitaire des territoires ruraux ; les professionnels de santé libéraux, notamment médecins généralistes, psychiatres, psychologues et infirmiers, souvent premiers interlocuteurs des agriculteurs en souffrance. En associant les acteurs du soin à la définition des priorités d'action départementales et à la mise en œuvre de la stratégie nationale, le présent amendement renforce la cohérence territoriale de la politique de santé mentale agricole. Il contribue à mettre fin à la fragmentation des dispositifs, à éviter les ruptures de parcours, et à construire une réponse collective, intégrée, et réellement adaptée à la réalité des exploitations agricoles et des territoires ruraux. Cet amendement donne ainsi toute sa portée au guichet unique en associant pleinement le soin en santé mentale dans le groupe des acteurs coordonnés par le guichet : non pas un dispositif supplémentaire, mais un véritable point de convergence entre ceux qui accompagnent les agriculteurs au quotidien et ceux qui les soignent. Il s'inscrit dans l'exigence de dignité, de proximité et de justice territoriale qui doit guider l'action publique en faveur de celles et ceux qui nourrissent la Nation.

  • 38·ARTICLE PREMIERRejeté

    L'amendement vise à conditionner le maintien du statut au respect des engagements qui y sont attachés.

  • 23·ARTICLE 3Rejeté

    Cet amendement du groupe LFI vise à assurer une bonne représentation du pluralisme syndical au sein de la mission nationale pour la santé mentale agricole. Les modes de scrutin utilisés pour élire les administrateurs des caisses départementales de la MSA et les représentants des chambres d'agriculture constituent un obstacle majeur à la représentativité de la pluralité du monde agricole. En effet, les scrutins, tel qu'ils sont prévus dans ces instances entraînent une surreprésentation de la liste arrivée en tête, au détriment des syndicats minoritaires, même lorsqu'ils représentent une part significative de l'électorat. Cette situation révèle un problème structurel de pluralisme, qui nécessite des modifications législatives pour réformer les modes de scrutin de ces instances, comme le propose Mme Lepvraud dans sa proposition de loi visant à améliorer la représentativité dans les chambres d'agriculture. Si ce texte ne fait pas l'objet de telles réformes, il est essentiel de veiller à ce que la composition de la mission nationale pour la santé mentale des agriculteurs ne reproduise pas cette surreprésentation. À travers les représentants de la MSA ou des chambres d'agriculture, la composition de la mission nationale, telle que décrite dans cet article, pourrait conduire à une surreprésentation du syndicat majoritaire. Pour garantir une gouvernance équilibrée et fidèle à la diversité du monde agricole, il est nécessaire que les représentants de la MSA et des chambres d'agriculture soient sélectionnés de manière à respecter le poids réel de chaque syndicat au niveau national ou, à défaut, à assurer un équilibre en incluant des représentants des syndicats sous-représentés.

  • 32·ARTICLE 3Rejeté

    La présente proposition est un amendement d'appel qui vise à évoquer la nécessité de supprimer les ARS et à les remplacer par des Directions départementales des affaires sanitaires et sociale. Le contexte que nous connaissons nous impose une nécessaire simplification des procédures. Aussi, confier une mission de remise de rapport aux Agences Régionales de Santé a pour conséquence directe de légitimer ces structures. Or, ces structures sont de vraies usines à gaz technocratique sans réelle efficacité. Les ARS participent directement à la bureaucratisation de la santé au détriment du temps médical. Il faut donc supprimer la Loi Bachelot de 2008 qui a créé ces ARS. Au Rassemblement National, nous militons pour la suppression de nombreuses agences d'Etat et une reprise en main de leurs missions par les ministères afin de réaliser de nombreuses économies. S'agissant précisément des ARS, nous proposons que les prérogatives soient exercées par des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales, sous l'autorité du Préfet de département. La santé mentale des agriculteurs est un sujet important qui nécessite une réponse efficace et rapide et les ARS ne sont pas la structure la plus adaptée pour y répondre.

  • 28·ARTICLE 3Adopté

    Cet amendement du groupe LFI précise que la mission nationale pour la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs, prévue à l'article 3, comprend au moins deux représentants des organisations professionnelles et syndicales agricoles des départements et régions d'outre-mer, en assurant une représentation paritaire des femmes et des hommes. Dans les départements et régions d'outre-mer, les agricultrices et agriculteurs subissent de plein fouet l'insularité, la dépendance aux importations, des coûts de production et de vie plus élevés, ainsi que les effets déjà bien visibles du changement climatique (cyclones, sécheresses, érosion des sols, dégradation des rendements). Ces facteurs aggravent les difficultés économiques et sociales et pèsent lourdement sur la santé mentale. Pourtant, les politiques nationales sont trop souvent élaborées sans représentation directe des Outre-mer dans les instances de pilotage. En imposant la présence d'au moins deux représentants des organisations professionnelles et syndicales agricoles ultramarines au sein de la mission nationale pour la santé mentale, cet amendement vise à donner une voix aux agricultrices et agriculteurs de La Réunion, de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane ou encore de Mayotte dans la définition des priorités.

  • 22·ARTICLE PREMIERRejeté

    Cet amendement du groupe LFI vise à porter une attention particulière aux salariés agricoles, conjoints collaborateurs et aidants familiaux qui connaissent également, à l'instar des chefs d'exploitations, des souffrances psychiques et des risques suicidaires. Alors que le nombre d'exploitants agricoles diminue, celui des salariés agricoles, notamment, augmente. Cette tendance apparaît nettement dans les chiffres de la MSA relatifs aux effectifs annuels de la population protégée au titre du risque maladie des régimes agricoles. Cette hausse du salariat agricole résulte de l'agrandissement des exploitations et de leur industrialisation croissante. La filière porcine illustre particulièrement bien cette évolution : entre 2000 et 2020, le nombre d'élevages de porcs a chuté de près de 80 %, tandis que la part du salariat dans l'emploi agricole y est passée de 8 % à 31 %, parallèlement à une concentration de la production porcine dans des exploitations de plus en plus grandes. Cette transformation s'inscrit dans un cadre de politiques agricoles favorisant l'industrialisation au nom de la compétitivité internationale, souvent au détriment de notre souveraineté alimentaire et de la santé des agriculteurs. Dans ce contexte, il apparaît nécessaire d'accorder une attention particulière aux salariés agricoles, qui ne bénéficient pas toujours d'une implantation locale ou d'une représentation syndicale aussi forte que celle des exploitants. À titre d'illustration, en 2025, seuls 6 % des électeurs inscrits pour les collèges des salariés de la production agricole ont participé aux élections des chambres d'agriculture, contre 30 % dans les collèges des chefs d'exploitation et assimilés. Par ailleurs, les données de la MSA montrent une surreprésentation des salariés agricoles parmi les personnes souffrant de troubles névrotiques, de l'humeur ou de troubles addictifs. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer la prise en compte du mal-être et des souffrances psychiques de ces salariés, dont les conditions de travail sont parfois particulièrement difficiles, tant sur le plan matériel qu'économique.

  • 36·ARTICLE 2Adopté

    Cet amendement vise à simplifier la vie des éleveurs confrontés aux zoonoses telles que la tuberculose bovine ou la brucellose. De nombreux abattages totaux sont aujourd'hui imposés, amenant à des drames humains d'éleveurs sans troupeau. Le statut indemne de la France sur ces zoonoses peut être conservé via un abattage partiel et un suivi précis des contaminations. Ces abattages ayant des impacts sur la santé mentale des agriculteurs et agricultrices dont les cheptels sont abattus, un accompagnement psychologique est indispensable.

  • 41·APRÈS L'ARTICLE PREMIER, insérer l'article suivant:Charge
  • 15·APRÈS L'ARTICLE 3 TER, insérer l'article suivant:Rejeté

    Cet amendement vise à renforcer les dispositifs de soutien à l'accompagnement psychologique et d'aide au répit administratif, proposés par la MSA, afin d'assurer à tout agriculteur en situation d'épuisement professionnel une aide qui vise à prévenir le burn-out, l'isolement et les situations graves, mais aussi à aider durablement en cas de crise (dettes, problème de santé, de surcharge de travail). Le baromètre Vox Agri 2025 met en évidence une dégradation profonde du moral des agriculteurs. Confrontés à l'inflation, à l'érosion de leurs marges et à un sentiment croissant d'abandon, ils expriment une lassitude durable et une forte inquiétude quant à leur avenir. Dans ce contexte tendu, les risques de surcharge mentale et d'isolement se multiplient. Les exploitants et salariés agricoles sont davantage exposés au stress chronique, avec des conséquences directes sur leur vie familiale, leur santé mentale et, in fine, la pérennité même de leur activité. Cette situation appelle un renforcement des dispositifs d'accompagnement, en particulier ceux qui permettent d'alléger la pression quotidienne et de prévenir l'épuisement professionnel au sein du monde agricole. En 2023, le dispositif d'aide au répit a permis d'accompagner 4 514 bénéficiaires, soit 15 % de plus qu'en 2022, dont 3 613 exploitants et 901 salariés agricoles. Cette progression constante démontre l'utilité concrète du dispositif ainsi que la demande croissante de soutien face aux situations d'épuisement professionnel dans le monde agricole. Quant à l'aide au répit administratif, le succès rencontré incite à pérenniser le dispositif. Née à la suite des manifestations de 2024, elle permet de financer une prestation ponctuelle de secrétariat administratif, visant à soutenir les chefs d'exploitation épuisés qui se sont dessaisis de la gestion administrative. En 2024, plus de 6.000 personnes ont bénéficié de cette aide au répit en France, un chiffre en augmentation de 30% par rapport à 2023. L'amendement vise donc à pérenniser ces dispositifs.

  • 13·ARTICLE PREMIERRejeté

    La création d'un réseau national de sentinelles agricoles constitue une avancée reconnue, mais son efficacité dépendra directement de la qualité de la formation qui leur sera dispensée. Or, toutes les données disponibles montrent que la détresse agricole ne naît presque jamais d'un facteur exclusivement psychologique. Elle prend d'abord racine dans des difficultés économiques, administratives et réglementaires qui s'accumulent, jusqu'à devenir insurmontables. Les études de la MSA comme celles de Santé publique France démontrent que les situations de souffrance apparaissent le plus souvent à la suite d'une chute de revenu, d'un endettement croissant, de procédures complexes et répétées ou encore du poids des normes. Solidarité Paysans, qui accompagne chaque année plusieurs milliers d'exploitants, observe que les crises psychiques sont presque toujours l'aboutissement d'une dégradation économique ou administrative et que les premières interventions efficaces portent sur la mise en ordre des dettes, la compréhension des démarches obligatoires ou l'accompagnement lors d'un contrôle. Les travaux parlementaires, notamment le rapport Damaisin puis les études menées au Sénat, parviennent au même constat : la surcharge normative, l'instabilité réglementaire, les contrôles répétés, les contentieux administratifs et le poids des créances figurent parmi les premiers déclencheurs de la détresse agricole. Les organisations professionnelles, qu'il s'agisse de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs ou de la Coordination Rurale, soulignent également que la pression administrative et économique est désormais perçue comme l'un des principaux facteurs de perte de sens et de découragement. Toutes insistent sur la nécessité de former les acteurs de proximité non seulement au repérage de la souffrance psychique, mais aussi à la lecture d'une situation financière, aux enjeux des aides PAC, aux risques liés aux procédures MSA, à la conduite à tenir face à un contrôle, ou encore à l'orientation vers les dispositifs de médiation et de soutien. Limiter la formation des sentinelles au seul repérage comportemental ou au dialogue empathique risquerait donc de manquer l'objectif. Une sentinelle efficace doit être capable d'identifier une situation d'endettement critique, de repérer un blocage administratif, de comprendre l'impact d'un contrôle environnemental ou d'une mise en demeure, et de savoir vers qui orienter l'exploitant pour qu'il puisse retrouver une situation stable. Sans cette compréhension globale, la sentinelle n'aurait qu'un rôle partiel, se limitant à renvoyer vers un accompagnement psychologique alors que la difficulté immédiate est souvent financière ou administrative. L'élargissement du contenu de la formation proposé par cet amendement ne crée aucune charge supplémentaire. Il se contente de tirer les conséquences des constats unanimes des institutions, des associations de terrain et des organisations professionnelles, qui affirment que la détresse agricole est systématiquement multidimensionnelle. Une prévention réellement efficace doit donc intégrer la compréhension des facteurs économiques et normatifs qui pèsent sur les agriculteurs. Renforcer la formation des sentinelles sur ces aspects permettra de rendre le dispositif plus opérationnel, plus concret et surtout plus adapté à la réalité du terrain, là où les causes profondes du mal-être se manifestent en premier.

  • 12·ARTICLE 2Rejeté

    Cet amendement vise à compléter les missions du guichet unique départemental de santé mentale agricole en lui confiant la possibilité de recueillir, de manière confidentielle, les témoignages d'agriculteurs faisant état d'un impact psychologique préoccupant lié au déroulement d'un contrôle administratif ou environnemental (OFB, DDT, services vétérinaires, organismes payeurs de la PAC, etc.). Les rapports parlementaires et administratifs récents, mission conjointe IGEDD/CGAAER (2023-2024), mission d'information du Sénat sur l'OFB, Cour des comptes, ont documenté que certains contrôles pouvaient provoquer chez les exploitants un niveau de stress aigu, un sentiment de stigmatisation, voire de dépression ou de détresse personnelle, en particulier lorsque les interventions étaient perçues comme brutales, inexpliquées ou disproportionnées. De nombreux témoignages recueillis par la MSA, les chambres d'agriculture ou les organisations professionnelles font état d'agriculteurs ayant vécu ces contrôles comme un « choc psychologique », parfois suffisamment intense pour déclencher des épisodes anxieux, de l'insomnie ou un isolement aggravé. La mission interministérielle IGEDD/CGAAER a explicitement souligné la nécessité d'un retour d'expérience structuré, permettant : - d'objectiver les situations problématiques, d'identifier les zones de tension, d'améliorer la posture des agents, et d'harmoniser les pratiques en conformité avec les principes de proportionnalité, pédagogie et respect, réaffirmés dans les circulaires gouvernementales de 2024. En l'état, aucun dispositif ne centralise ces signalements. Les agriculteurs n'ont souvent aucune instance dédiée vers laquelle se tourner pour exprimer l'impact psychologique du contrôle, ce qui contribue au sentiment d'abandon et de solitude, reconnu comme un facteur de risque majeur dans le suicide agricole (MSA : +30 à +40 % de surmortalité).

  • 11·APRÈS L'ARTICLE 3 TER, insérer l'article suivant:Rejeté

    Le présent amendement propose que le Gouvernement remette au Parlement un rapport exhaustif sur l'impact des contrôles administratifs et environnementaux sur le mal-être agricole, en particulier ceux effectués par l'Office français de la biodiversité (OFB), les DDT, les services vétérinaires ou les organismes payeurs de la PAC. Cette demande s'inscrit dans un contexte où de nombreux rapports officiels ont mis en évidence une corrélation forte entre certains contrôles et un stress psychologique intense ressenti par les agriculteurs. Les travaux parlementaires, notamment au Sénat, ont souligné que certains exploitants vivent les contrôles de l'OFB comme « stigmatisants, disproportionnés ou humiliants », pouvant générer un vif sentiment d'injustice et de disqualification. La mission conjointe IGEDD–CGAAER (2023-2024) a documenté une montée des tensions entre agriculteurs et services de contrôle, due à des pratiques perçues comme insuffisamment contextualisées, parfois excessives, ou déconnectées des réalités du terrain. Elle a explicitement recommandé d'améliorer la proportionnalité, la pédagogie, et la posture humaine des contrôleurs, afin de réduire la charge psychologique induite. Certains cas médiatisés ont montré que l'annonce ou le déroulement d'un contrôle pouvait provoquer des crises aiguës, parfois dramatiques, dans un secteur où le taux de suicide reste alarmant. La Mutualité sociale agricole rappelle en effet que les agriculteurs présentent un risque de mortalité par suicide supérieur de 30 à 40 % à la moyenne nationale, et que les pressions administratives et réglementaires figurent parmi les facteurs majeurs de leur mal-être. Plusieurs instances de l'État ont d'ailleurs engagé des démarches pour apaiser ces situations. Le Gouvernement a lancé en 2024 une « stratégie de contrôle unique » pour limiter les visites multiples, et demandé à l'OFB de respecter plus strictement les principes de nécessité, proportionnalité et port discret des armes lors des interventions. Un rapport parlementaire permettrait de dresser un état des lieux objectif, de mesurer l'ampleur des effets psychologiques liés aux contrôles, et de formuler des pistes concrètes pour réduire les tensions et prévenir les situations de détresse, dans la continuité de la présente proposition de loi qui vise à protéger la santé mentale des agriculteurs.

  • 9·ARTICLE 2Rejeté

    Cet amendement vise à combler un angle mort majeur de la proposition de loi : la détection précoce des agriculteurs en grande difficulté lors des contrôles administratifs. Dans de nombreux départements, les agents de l'OFB, des DDT, des services vétérinaires ou des organismes payeurs de la PAC sont souvent les premiers, parfois les seuls, à constater des situations de détresse profonde : isolement, effondrement économique, exploitation abandonnée, comportements inhabituels ou propos inquiétants. Pourtant, aucun dispositif national ne prévoit aujourd'hui la transmission de ces signaux faibles vers les structures capables d'intervenir rapidement. L'amendement propose donc d'instaurer une obligation de transmission, dans des conditions respectueuses du RGPD, vers le guichet unique départemental de santé mentale agricole. Cette mesure renforce considérablement la chaîne d'alerte et la coordination prévue par la présente proposition de loi. Plusieurs rapports, MSA, Chambres d'agriculture, Sénat (rapport Cabanel), ont montré que les contrôles administratifs, lorsqu'ils surviennent dans un contexte économique déjà fragile, peuvent révéler ou même précipiter un risque de passage à l'acte. En créant cette obligation de signalement, il s'agit de garantir que plus aucun agriculteur en détresse ne reste invisible aux yeux des dispositifs d'aide, et de faire de chaque service de contrôle un maillon de la prévention.

  • 10·APRÈS L'ARTICLE 2, insérer l'article suivant:Cavalier (45)
  • 8·ARTICLE 3Rejeté

    Cet amendement vise à renforcer l'aide apportée aux agriculteurs en détresse psychologique. En effet, ce cinquième objectif semble l'essence même de la raison d'être de cette proposition de loi et il convient à ce titre de le faire figurer dans la liste des missions du guichet unique départemental de santé mentale agricole.

  • 3·ARTICLE PREMIERRejeté

    Le présent amendement vise à sécuriser juridiquement l'intervention des sentinelles agricoles, dont le rôle repose sur la détection précoce de situations de souffrance psychique souvent sensibles. Il rappelle l'obligation de confidentialité des acteurs concernés, indispensable à l'instauration d'un climat de confiance avec les agriculteurs, condition essentielle de l'efficacité du dispositif.

  • 1·ARTICLE 2Charge
  • 5·ARTICLE PREMIERRejeté

    Cet amendement vise à obtenir un avis professionnel sur la liste des acteurs fixée par arrêté.

  • 6·ARTICLE PREMIERCharge
  • 7·ARTICLE PREMIERRejeté

    Les parlementaires, dans le cadre de leurs déplacements sur le terrain, recueillent les doléances des administrés et au premier chef celles des agriculteurs. Cet amendement vise à les intégrer dans le dispositif national des sentinelles agricoles.

  • 4·ARTICLE PREMIERCharge
  • 2·ARTICLE 2Retiré

    La transmission « en continu » de données sensibles, en l'absence de garanties explicites d'anonymisation et de respect du règlement général sur la protection des données (RGPD), expose le dispositif à un risque juridique majeur. En encadrant strictement ces transmissions, le présent amendement sécurise juridiquement préserve les droits fondamentaux des agriculteurs.

  • AS39·ARTICLE 2Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS45·ARTICLE 3Adopté

    Le présent amendement vise à placer la mission nationale sous la tutelle des ministres chargés du travail et de l'environnement, aux côtés des ministres chargés de la santé et de l'agriculture.

  • AS50·ARTICLE 3Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS38·ARTICLE 2Adopté

    Amendement de coordination.

  • AS42·ARTICLE 2Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS36·ARTICLE PREMIERAdopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS33·ARTICLE PREMIERAdopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS47·ARTICLE 3Adopté

    Le présent amendement vise à supprimer la référence au conseil d'administration, issue d'une première écriture de l'article.

  • AS51·ARTICLE 3Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS52·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant:Adopté

    Le présent amendement prévoit la remise d'un rapport au Parlement sur l'efficacité de la stratégie nationale de prévention du mal-être et du risque suicidaire dans le monde agricole ainsi que des instances chargées de sa mise en œuvre. Ce rapport évalue l'opportunité de transformer la mission nationale en un groupement d'intérêt public.

  • AS49·ARTICLE 3Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS43·ARTICLE 3Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS48·ARTICLE 3Adopté

    Le présent amendement vise à associer les organisations syndicales agricoles à la mission nationale.

  • AS31·TITREAdopté

    Le présent amendement vise à réécrire le titre de la proposition de loi. Cette réécriture s'appuie sur les remarques et constats soulevés au cours des auditions menées par le rapporteur. D'une part, la notion de « mal-être » rend compte de la pluralité des facteurs à l'origine de la détresse agricole – économique, social, familial, environnemental, administratif – et correspond davantage à la réalité décrite par les personnes concernées. D'autre part, la référence explicite au « risque suicidaire » rappelle que la proposition de loi a pour objectif de prévenir le suicide paysan. Enfin, la référence au « monde agricole » met fin à toute ambiguïté sur les bénéficiaires des mesures prévues par la proposition de loi. Celle-ci a vocation à s'adresser, non seulement aux exploitants, mais aussi aux salariés agricoles, conjoints, aides familiaux ou encore retraités.

  • AS46·ARTICLE 3Adopté

    Amendement de précision.

  • AS44·ARTICLE 3Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS34·ARTICLE PREMIERAdopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS35·ARTICLE PREMIERAdopté

    Le présent article prévoit la possibilité pour les sentinelles agricoles de transmettre au guichet départemental unique, mentionné à l'article 2 de la présente loi, les données personnelles des agricultrices et des agriculteurs qu'elles accompagnent à des fins de signalement, sous certaines conditions. Il entend ainsi lever l'insécurité juridique qui pèse aujourd'hui sur les sentinelles et assurer la prise en charge adaptée des agricultrices et des agriculteurs en situation de détresse.

  • AS40·ARTICLE 2Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS41·ARTICLE 2Adopté

    Amendement rédactionnel.

  • AS32·ARTICLE PREMIERAdopté

    Amendement de coordination.

  • AS37·ARTICLE 2Adopté

    Amendement de coordination.

  • AS29·ARTICLE 2Charge
  • AS26·ARTICLE PREMIERCharge
  • AS27·ARTICLE PREMIERTombé

    Cet amendement vise à préciser que les sentinelles sont volontaires et bénévoles.

  • AS21·ARTICLE PREMIERRejeté

    Cet amendement vise à élargir les acteurs compris dans le dispositif.

  • AS19·ARTICLE PREMIERRejeté

    Cet amendement vise à élargir l'application de loi en l'étendant aux acteurs du monde agricole.

  • AS28·ARTICLE 2Non soutenu

    La détresse psychique des agricultrices et agriculteurs ne peut être combattue efficacement sans une mobilisation complète de l'ensemble des acteurs présents sur le terrain. Si la proposition de loi crée un guichet unique départemental pour mieux coordonner les réponses sociales et professionnelles, elle ne garantit pas encore l'intégration pleine et entière des acteurs du soin, alors même que les troubles psychiques relèvent de parcours sanitaires complexes et exigeant une coordination de tous les instants. Cet amendement vise donc à associer, de manière structurée, les équipes de psychiatrie de secteur, les centres médico-psychologiques et les établissements autorisés en psychiatrie, ainsi que les professionnels de santé de premier recours et les structures d'exercice coordonné dans l'ensemble des acteurs coordonnés par le guichet ainsi crée. Ces acteurs sont ceux qui, quotidiennement, assurent le repérage thérapeutique, la continuité des soins et l'accompagnement des situations les plus critiques. Leur absence de la gouvernance du guichet unique créerait un risque de cloisonnement préjudiciable pour les personnes en souffrance, et empêcherait de garantir l'articulation indispensable entre dispositifs sociaux, professionnels et sanitaires. Concrètement, il associe : les équipes de psychiatrie de secteur, responsables du suivi territorial et du repérage spécialisé ;les centres médico-psychologiques (CMP), qui assurent l'accueil ambulatoire et les premières évaluations psychiatriques ;les établissements publics ou privés autorisés en psychiatrie, garants des capacités d'hospitalisation et de prise en charge intensive ;les structures d'exercice coordonné (CPTS, maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé), qui constituent le premier recours sanitaire des territoires ruraux ;les professionnels de santé libéraux, notamment médecins généralistes, psychiatres, psychologues et infirmiers, souvent premiers interlocuteurs des agriculteurs en souffrance.En associant les acteurs du soin à la définition des priorités d'action départementales et à la mise en œuvre de la stratégie nationale, le présent amendement renforce la cohérence territoriale de la politique de santé mentale agricole. Il contribue à mettre fin à la fragmentation des dispositifs, à éviter les ruptures de parcours, et à construire une réponse collective, intégrée, et réellement adaptée à la réalité des exploitations agricoles et des territoires ruraux. Cet amendement donne ainsi toute sa portée au guichet unique en associant pleinement le soin en santé mentale dans le groupe des acteurs coordonnés par le guichet : non pas un dispositif supplémentaire, mais un véritable point de convergence entre ceux qui accompagnent les agriculteurs au quotidien et ceux qui les soignent. Il s'inscrit dans l'exigence de dignité, de proximité et de justice territoriale qui doit guider l'action publique en faveur de celles et ceux qui nourrissent la Nation.

  • AS22·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant:Retiré

    Cet amendement vise à obtenir un rapport dans un délai d'un an afin d'avoir une vision plus globale de la loi et des évolutions possibles.

  • AS23·ARTICLE PREMIERRejeté

    Le présent amendement vise à sécuriser juridiquement l'intervention des sentinelles agricoles, dont le rôle repose sur la détection précoce de situations de souffrance psychique souvent sensibles. Il rappelle l'obligation de confidentialité des acteurs concernés, indispensable à l'instauration d'un climat de confiance avec les agriculteurs, condition essentielle de l'efficacité du dispositif.

  • AS20·ARTICLE PREMIERRejeté

    Cet amendement vise à obtenir un avis professionnel sur la liste des acteurs fixée par arrêté.

  • AS24·ARTICLE 2Rejeté

    La transmission « en continu » de données sensibles, en l'absence de garanties explicites d'anonymisation et de respect du règlement général sur la protection des données (RGPD), expose le dispositif à un risque juridique majeur. En encadrant strictement ces transmissions, le présent amendement sécurise juridiquement préserve les droits fondamentaux des agriculteurs.

  • AS30·ARTICLE 3Rejeté

    Le conseil d'administration de la mission nationale pour la santé mentale des agricultrices et agriculteurs, tel que prévu dans la proposition de loi, associe les acteurs agricoles, les collectivités territoriales et l'État. Toutefois, il ne comprend pas plusieurs acteurs majeurs du pilotage national de la santé mentale, dont l'expertise est indispensable pour définir une stratégie cohérente et opérationnelle. Cet amendement élargit donc la composition du conseil d'administration afin d'y intégrer : le délégué interministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, qui assure la cohérence interministérielle de la politique nationale ;les représentants des professions médicales et de santé mentale : syndicats médicaux, infirmiers, psychologues ;les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), acteurs structurants de l'organisation des soins primaires ;les établissements publics de santé mentale et les conférences hospitalières, garants de l'offre psychiatrique territoriale.Cette ouverture permet à la mission nationale de s'appuyer sur les compétences et les retours d'expérience de l'ensemble des acteurs impliqués dans la prévention, le repérage et la prise en charge de la souffrance psychique.Elle renforce la pertinence, la légitimité et l'efficacité de la stratégie nationale au profit des agricultrices et agriculteurs.

  • AS25·ARTICLE 2Rejeté

    Le présent amendement vise à renforcer l'effectivité du droit à la prise en charge des agriculteurs en situation de souffrance psychique. En l'état du texte, aucune garantie de délai n'est prévue entre le signalement et le premier contact avec un professionnel qualifié, alors même que l'urgence peut être vitale dans certaines situations. L'instauration d'un délai maximal de soixante-douze heures permet d'assurer la réactivité du dispositif et d'éviter toute rupture dans la chaîne de prévention.

  • AS16·ARTICLE 3Rejeté

    Cet amendement du groupe LFI vise à assurer une bonne représentation du pluralisme syndical au sein de la mission nationale pour la santé mentale agricole. Les modes de scrutin utilisés pour élire les administrateurs des caisses départementales de la MSA et les représentants des chambres d'agriculture constituent un obstacle majeur à la représentativité de la pluralité du monde agricole. En effet, les scrutins, tel qu'ils sont prévus dans ces instances entraînent une surreprésentation de la liste arrivée en tête, au détriment des syndicats minoritaires, même lorsqu'ils représentent une part significative de l'électorat. Cette situation révèle un problème structurel de pluralisme, qui nécessite des modifications législatives pour réformer les modes de scrutin de ces instances, comme le propose Mme Lepvraud dans sa proposition de loi visant à améliorer la représentativité dans les chambres d'agriculture. Si ce texte ne fait pas l'objet de telles réformes, il est essentiel de veiller à ce que la composition de la mission nationale pour la santé mentale des agriculteurs ne reproduise pas cette surreprésentation. À travers les représentants de la MSA ou des chambres d'agriculture, la composition de la mission nationale, telle que décrite dans cet article, pourrait conduire à une surreprésentation du syndicat majoritaire. Pour garantir une gouvernance équilibrée et fidèle à la diversité du monde agricole, il est nécessaire que les représentants de la MSA et des chambres d'agriculture soient sélectionnés de manière à respecter le poids réel de chaque syndicat au niveau national ou, à défaut, à assurer un équilibre en incluant des représentants des syndicats sous-représentés.

  • AS12·ARTICLE PREMIERRetiré

    Cet amendement du groupe LFI vise à éviter les conflits d'intérêts entre les acteurs du dispositif de sentinelles et les agriculteurs et agricultrices en difficulté, notamment sur le plan financier. Les situations de conflit d'intérêts entre des sentinelles et des agriculteurs sont fréquentes et sources de tensions. Ces sentinelles sont en effet en grande partie des salariés ou administrateurs d'organismes créanciers des agriculteurs, ou ayant avec les agriculteurs des relations commerciales ou de contrôle. En cas de difficultés économiques, cette position n'est pas propice à instaurer une relation de confiance pour les agriculteurs. Il est primordial que les acteurs du dispositif de sentinelles agricoles ne présentent aucun intérêt susceptible d'aller à l'encontre du bien-être des agriculteurs. La responsabilité de détecter le mal-être chez les agriculteurs ne doit pas incomber à des personnes ou des structures ayant une position de créancier vis-à-vis de ces derniers. Une telle situation créerait un conflit d'intérêts de nature financière, alors que la pression économique constitue l'une des principales sources de détresse psychologique chez les agriculteurs. Cet amendement a été travaillé avec Solidarité Paysans.

  • AS3·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer la division et l'intitulé suivants:Cavalier (45)
  • AS6·ARTICLE 2Charge
  • AS15·ARTICLE 3Adopté

    Cet amendement du groupe LFI vise à s'assurer que les associations participant au dispositif des sentinelles agricoles soient réellement impliquées dans l'accompagnement des agriculteurs et agricultrices. La notion d'« associations en lien avec le monde agricole » est trop floue et ne garantit pas l'implication d'associations disposant d'une connaissance solide et d'une expérience avérée de l'accompagnement face aux difficultés en agriculture. Les associations participant au dispositif de sentinelles doivent bénéficier d'une expertise et d'une reconnaissance institutionnelle. Cet amendement a été travaillé avec Solidarité Paysans.

  • AS8·ARTICLE 2Adopté

    Par cet amendement, le groupe Ecologiste et Social propose que la stratégie nationale de prévention en santé mentale mentionnée dans le présent article intègre les spécificités d'agriculteurs et agricultrices particulièrement vulnérables. Comme le montre le rapport du Sénat du 5 juillet 2017, les femmes agricultrices font encore l'objet d'un déficit de reconnaissance important, malgré leur travail essentiel dans les exploitations, qui s'ajoute au travail domestique dont elles ont majoritairement la charge. L'absence de statut professionnel pour certaines, l'accès inégal à la propriété et la double charge de travail comptent parmi les difficultés les plus fréquentes subies par les agricultrices. Le manque de représentation des femmes dans les instances agricoles renforce l'invisibilisation de leurs condition d'exercice. Les familles des agriculteurs et agricultrices sont également particulièrement impactées en cas d'imprévus, d'aléas climatiques, de tension économiques ou de crise sanitaire. Dans ce corps de métiers où la frontière entre vie familiale et vie professionnelle est très poreuse, elles subissent l'épuisement des agriculteurs, la pression liée à la préservation de l'héritage, l'effondrement lorsqu'un bétail tout entier doit disparaître en cas de crise sanitaire ou qu'une tempête a ravagé un hangar, et le regard extérieur, dans un contexte de compétitivité accrue. Les travailleurs et travailleuses saisonniers étrangers sont également particulièrement touchées par l'isolement, combiné à des conditions de travail souvent extrêmement précaires et discriminantes et un déficit d'accès aux soins. Imbriqué dans ce que le sociologue Frédéric Décosse appelle « la nouvelle division internationale des risques du travail agricole », la santé mentale des travailleurs étrangers est aujourd'hui un impensée des politiques publiques. S'il ne s'agit pas ici de segmenter le monde agricole, il est toutefois nécessaire que cette stratégie accorde une attention particulière aux agriculteurs et agricultrices dont les conditions de vie peuvent accroître les risques de vulnérabilité et de dégradation de la santé psychique, telles que celles et ceux cités précédemment. Tel est l'objet du présent amendement.

  • AS2·ARTICLE 2Adopté

    Le présent amendement des députés socialistes et apparentés vise à ajouter aux objectifs du guichet unique départemental la facilitation de l'auto-déclaration des agricultrices et des agriculteurs. L'objectif est double : D'une part, de favoriser le repérage des personnes en difficulté, afin de prévenir les situations de détresse et le passage à l'acte suicidaire. D'autre part, de respecter pleinement le libre choix des personnes, en leur permettant d'exprimer elles-mêmes leurs besoins au regard des difficultés qu'elles traversent.

  • AS5·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer la division et l'intitulé suivants:Charge
  • AS18·ARTICLE 3Rejeté

    Cet amendement vise à renforcer l'aide apportée aux agriculteurs en détresse psychologique. En effet, ce cinquième objectif semble l'essence même de la raison d'être de cette proposition de loi et il convient à ce titre de le faire figurer dans la liste des missions du guichet unique départemental de santé mentale agricole.

  • AS7·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer l'article suivant:Adopté

    Le présent amendement du groupe Ecologiste et social vise à améliorer les dispositifs à l'attention des agriculteurs et agricultrices en situation de détresse psychique, notamment le crédit d'impôt pour remplacement. Ce dispositif permet aux exploitant.es agricoles de bénéficier d'un crédit d'impôt pour les dépenses engagées lors d'un remplacement pour congés, formations ou maladie afin de faciliter financièrement l'accès au répit pour les agriculteurs et agricultrices. Avec des horaires de travail extrêmes, en proie à une pression économique, sociale et climatique constante, les agriculteurs sont surexposés aux risques de dégradation de la santé mentale : ils sont ainsi 35 % à être en risque avéré de burn out. Il est pourtant particulièrement difficile pour elles et eux d'interrompre plusieurs jours d'affilée leur travail en raison de la porosité marquée entre vie personnelle et vie professionnelle, de condition de production qui impliquent une présence permanente et une connaissance fine des besoins de son exploitation, et du coût économique important pour se faire remplacer. Cet amendement entend ainsi faciliter les conditions d'accès au répit pour les agriculteurs en mal être psychique, en spécifiant que les situations de souffrance psychique éprouvées par les agriculteurs et agricultrices représentent un motif valable pour bénéficier d'un taux porté à 80 % des dépenses engagées dans le cadre d'un remplacement.

  • AS11·ARTICLE PREMIERAdopté

    Cet amendement du groupe LFI vise à s'assurer que les associations participant au dispositif des sentinelles agricoles soient réellement impliquées dans l'accompagnement des agriculteurs et agricultrices. La notion d'« associations en lien avec le monde agricole » est trop floue et ne garantit pas l'implication d'associations disposant d'une connaissance solide et d'une expérience avérée de l'accompagnement face aux difficultés en agriculture. Les associations participant au dispositif de sentinelles doivent bénéficier d'une expertise et d'une reconnaissance institutionnelle. Cet amendement a été travaillé avec Solidarité Paysans.

  • AS17·ARTICLE PREMIERRejeté

    Les parlementaires, dans le cadre de leurs déplacements sur le terrain, recueillent les doléances des administrés et au premier chef celles des agriculteurs. Cet amendement vise à les intégrer dans le dispositif national des sentinelles agricoles.

  • AS13·ARTICLE PREMIERRejeté

    Cet amendement du groupe LFI vise à donner une valeur législative à l'exigence de confidentialité que doivent respecter les sentinelles concernant les informations transmises par les agriculteurs. Pour instaurer une relation de confiance avec les agriculteurs et agricultrices, il est primordial que les sentinelles soient soumises à une clause de confidentialité. Cette exigence s'avère d'autant plus importante lorsque les sentinelles appartiennent à des structures pouvant se trouver en situation de conflit d'intérêts avec l'agriculteur concerné. Des structures telles que la MSA, les coopératives, les banques, les assurances, les centres de gestion ou encore les SAFER peuvent en effet être créancières d'un agriculteur. Il est facile d'imaginer la réticence d'un agriculteur à se confier à un salarié de sa coopérative si celui-ci est susceptible de transmettre ses informations à sa structure. Un tel partage d'informations pourrait se révéler préjudiciable pour les agriculteurs en difficulté. Bien que la confidentialité soit déjà prévue dans la charte du Réseau national des sentinelles, l'inscrire dans la loi permettrait de renforcer cette exigence et de consolider la confiance accordée au dispositif.

  • AS9·ARTICLE 2Adopté

    Cet amendement vise à soutenir les emplois liés à la gestion comptable et administrative des petites et moyennes exploitations agricoles afin d'alléger la pression sur le quotidien des agriculteurs et agricultrices. Il instaure la possibilité pour l'État de conclure des conventions incluant le financement d'emplois liés à la gestion administratives et comptables pour les petites et moyennes exploitations agricoles. Cette proposition vise d'abord à reconnaître et à valoriser financièrement ce travail essentiel, réalisé en majorité par les femmes membres des foyers travaillant dans l'agriculture. Une enquête réalisée par la Fédération nationale de l'agriculture biologique en 2018 souligne ainsi que lorsqu'elles exploitent leur ferme en couple, dans 80 % des cas, les femmes exercent le travail administratif. Ce travail, qui se cumule au travail domestique, est encore mal reconnu, alors que selon le rapport du Sénat sur les femmes agricultrices, le statut de « chef d'exploitation » est d'abord attribué à l'homme, y compris lorsque la femme travaille autant voire davantage. Il existe encore des « conjointes » ne disposant ni du statut de cheffes, ni de celui de « conjointes collaboratrices » ou de « salariées ». Entre 2000 et 5000 selon la FNSEA, ces agricultrices sont particulièrement précaires malgré un travail acharné, et d'autant plus vulnérables en cas d'accident, de veuvage ou d'arrivée à la retraite. « Désinformaliser » ce travail en facilitant sa rétribution permettrait ainsi de valoriser les compétences techniques liées à la gestion comptables, administratives et financières des exploitations. Cela permettrait également de libérer du temps pour les agriculteurs et agricultrices concernées, alors qu'une part significative des risques psychosociaux auxquels ils et elles sont exposées sont liées aux semaines à rallonge et aux difficultés à réaliser les différentes tâches dans une exploitation. Chaque erreur peut entraîner des refus d'aides voire des pénalités financières qui viennent accentuer l'état de stress permanent dans lesquels sont 46 % des agriculteurs. Faciliter la rémunération d'un.e salarié.e pour réaliser ce travail essentiel dans le monde agricole permettrait ainsi de réduire la charge de travail des chef.fes d'exploitation.

  • AS1·ARTICLE PREMIERAdopté

    Cet amendement propose de compléter le contenu des modules de formation des sentinelles agricoles en y incluant les premiers secours en santé mentale. Depuis 2018, le secourisme en santé mentale se développe dans notre pays. Au 1er décembre 2024, on compte 165 000 secouristes formés et 1752 formateurs accrédités. La formation aux premiers secours en santé mentale est aujourd'hui assurée par l'association Premiers secours en santé mentale – France (PSSM France). Elle permet d'acquérir des connaissances de base en santé mentale et de mieux appréhender les différents troubles de santé mentale. Elle est donc particulièrement utile car elle permet à la personne formée de repérer, réagir rapidement et orienter si besoin la personne vers les professionnels adaptés. Il serait donc judicieux que le contenu des modules de formation des sentinelles agricoles prévoit d'inclure ce dispositif qui a déjà largement fait ses preuves à l'échelle nationale.

  • AS10·ARTICLE PREMIERRejeté

    Cet amendement du groupe LFI vise à porter une attention particulière aux salariés agricoles, qui connaissent également, à l'instar des chefs d'exploitations, des souffrances psychiques et des risques suicidaires. Alors que le nombre d'exploitants agricoles diminue, celui des salariés agricoles augmente. Cette tendance apparaît nettement dans les chiffres de la MSA relatifs aux effectifs annuels de la population protégée au titre du risque maladie des régimes agricoles. Cette hausse du salariat agricole résulte de l'agrandissement des exploitations et de leur industrialisation croissante. La filière porcine illustre particulièrement bien cette évolution : entre 2000 et 2020, le nombre d'élevages de porcs a chuté de près de 80 %, tandis que la part du salariat dans l'emploi agricole y est passée de 8 % à 31 %, parallèlement à une concentration de la production porcine dans des exploitations de plus en plus grandes. Cette transformation s'inscrit dans un cadre de politiques agricoles favorisant l'industrialisation au nom de la compétitivité internationale, souvent au détriment de notre souveraineté alimentaire et de la santé des agriculteurs. Dans ce contexte, il apparaît nécessaire d'accorder une attention particulière aux salariés agricoles, qui ne bénéficient pas toujours d'une implantation locale ou d'une représentation syndicale aussi forte que celle des exploitants. À titre d'illustration, en 2025, seuls 6 % des électeurs inscrits pour les collèges des salariés de la production agricole ont participé aux élections des chambres d'agriculture, contre 30 % dans les collèges des chefs d'exploitation et assimilés. Par ailleurs, les données de la MSA montrent une surreprésentation des salariés agricoles parmi les personnes souffrant de troubles névrotiques, de l'humeur ou de troubles addictifs. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer la prise en compte du mal-être et des souffrances psychiques de ces salariés, dont les conditions de travail sont parfois particulièrement difficiles, tant sur le plan matériel qu'économique.

  • AS14·ARTICLE 2Charge
  • AS4·APRÈS L'ARTICLE 3, insérer la division et l'intitulé suivants:Charge